Focus  sur  Rudy  Ricciotti  Architecte

Scènes Musicales ACtuelles - SMAC - d'Aix-en-Provence

Il s'agit de développer, pour la ville d'Aix-en-Provence, le quartier de la Constance et, de pallier au manque d'équipement de type SMAC dans l'agglomération. Positionné en écho à la Fondation Vasarely, le projet marque le point de départ de l'urbanisation future de ce quartier. 
 
L'équipement est ouvert vers le Sud, en connexion directe avec son territoire en devenir.
Le projet se situe entre les quartiers du Jas de Bouffan, d'Encagnane et de la Pioline. 
Le terrain est limité par deux autoroutes, l'A8 au Nord et l'A51 au Sud et à l'Est.

« Le site nous est donné...
Les autoroutes se sont installées avant nous...
Vasarely a su en jouer...
Le trafic s'est accru...
La campagne cézannienne est toujours là...
Mais les conditions pour l'habiter ont notablement changé...»
 
Comment habiter et fonder un lieu à forte identité liée à la création musicale contemporaine; nouant une relation singulière avec un public toujours plus engagé ? Comment éviter que l'expression physique et architecturale puisse être prise pour une énième boîte commerciale d'entrée de ville ? Comment répondre de manière pertinente à une demande de repère humain, de jalon urbain, de point de convergence pour un public en quête d'identité, de reconnaissance et de valorisation d'une création contemporaine ?
 
«Il ne saurait être question de singer Vasarely et encore moins de se positionner dans un vocabulaire épuisé, dans une expression usée d'édifice type show-room, vitrine sur autoroutes. Ainsi le registre du plissé, du froissé, du collinaire, du montagneux, de l'enveloppant prenant son origine dans le merlon et créant une éclosion formelle jaillissante derrière le merlon, vue de l'autoroute et a contrario se blottissant, s'adossant à l'autoroute, vue de la Constance. Le projet propose une cosmogonie (un système de la formation de l'Univers),  formelle et spatiale, en capacité d'accueillir cette pratique artistique actuelle et contemporaine, en relation avec les attentes d'un public diversifié.»
 
Comment concevoir  la SMAC, en un bâtiment emblématique, lieu de vie majeur pour l'ensemble du quartier, qui jouera également un rôle de « phare culturel » à l'échelle de la ville ?
 
Ceci depuis l'autoroute A8, en s'adossant à un merlon acoustique de 6 à 12 m de haut et, s'inscrivant dans l'architecture de ce programme dans un pôle numérique inexistant aujourd'hui, alors qu'il comptera à terme 12 000 m2 de bureaux.


« S'adossant au merlon recouvert de garrigue dans sa partie Nord, la SMAC se couvre intégralement d'une fine robe minérale de béton offrant une vue poétique du lieu depuis l'autoroute A8. En sus de ses vertus esthétiques, cette double peau procure des avantages dans la gestion globale des échanges thermiques avec l'extérieur. Pour ses façades, le projet met en œuvre des matériaux et des techniques parfaitement adaptés à ses besoins, maîtrisés et déjà éprouvés plutôt que de recourir à des solutions démonstratives et dispendieuses.»
 
La SMAC aborde une architecture puissante et rassurante qui fait écho aux deux thématiques mises en œuvre par l'Architecte, l'imaginaire et la raison, signifiants d'un récit dans l'Architecture contemporaine. 
 
Ainsi, le côté massif des deux salles est alors adouci par le plissé et l'irrégularité de sa peau marquée par l'épreuve du temps. Surgissant de la terre, libre et spontané, son volume constitue un signal fort intégré au paysage environnant, une respiration. 


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La SMAC s'insère dans la volonté de créer un paysage abstrait intemporel, en harmonie avec la richesse des paysages de Provence.
 

« Son enveloppe permet de se défaire de l'orthogonalité fonctionnelle du programme; elle est évocatrice d'une expression musicale libérée, en perpétuelle expérimentation.»